J’ai récemment lu un très beau texte partagé sur Facebook.
Un de ces textes de développement personnel qui t’expliquent, en quelques « lois simples », comment préserver ta paix intérieure, te protéger des gens toxiques, arrêter de vouloir tout contrôler et apprendre à fermer la porte de ton sanctuaire mental.
Voici le titre et un résumé succinct :
Ta paix intérieure commence le jour où tu comprends ces 4 lois
- La loi de l’étanchéité : ce que les gens disent de toi parle d’eux, pas de toi
- La loi du lâcher-prise : ce que tu ne peux pas contrôler ne mérite pas une seconde de ton anxiété
- La loi de la porte fermée : le silence est la réponse ultime aux provocations
- La loi du sanctuaire : personne n’entre dans ton esprit sans ton autorisation
Sur le papier… c’est séduisant.
Même très séduisant.
Vaincre le mal… par le bien-être.
Il y a ces moments où tout va bien… jusqu’à ce qu’un élément extérieur vienne tout dérégler.
Une parole, une contrariété, une injustice, un conflit… et nous voilà soudain plongés dans un état intérieur qui n’a plus rien à voir avec celui de quelques minutes auparavant.
C’est de ce « mal » dont il est question ici.
Je ne parle pas du combat des religions ou des grandes théories philosophiques.
Je parle de cet état intérieur où tout va bien, puis de cet instant où tout bascule.
Quand l’extérieur parvient à prendre cette forme d’emprise sur nous et transforme une journée qui s’annonçait belle… en cauchemar.
Qui n’a jamais rêvé de devenir totalement étanche au flot malsain de la connerie ambiante ?
Ce flot qu’on ne contrôle pas, qui nous frappe parfois à bout portant et nous fait entrer dans ce monde parallèle : comme piégé par ce mal qui nous envahit.
Ne plus réagir.
Ne plus s’énerver.
Ne plus avoir à convaincre.
Ne plus refaire dix fois dans sa tête une conversation avec quelqu’un qui, manifestement, n’avait aucune intention de comprendre quoi que ce soit.
Ce texte parle d’étanchéité, de lâcher-prise, de porte fermée, de sanctuaire.
Les 4 formules magiques.
Et je dois reconnaître que tout cela m’a beaucoup parlé.
Mais immédiatement, une « petite voix » est venue foutre… le bordel.
Parce que chez moi, il y a un problème.
Un léger détail.
Mon niveau d’exigence.
Et visiblement… il n’est pas livré avec l’option « lâcher prise ».
Je peux parfaitement comprendre qu’on ne contrôle pas tout.
Je sais intellectuellement qu’on ne peut pas changer les autres.
Je sais que répondre à certaines provocations est inutile.
Je sais aussi qu’on perd énormément d’énergie à vouloir corriger ce qui ne dépend pas de nous.
Je sais tout ça.
Le problème, c’est que je vois quand même l’incohérence, le travail bâclé, la mauvaise foi, l’absurde…
Je sais aussi reconnaître la médiocrité ou l’injustice.
Et une fois que je l’ai vu… il faudrait donc tout simplement que je tourne les talons ou que je hausse les épaules ?
C’est là que ça coince.
Parce que pendant longtemps, j’ai probablement confondu deux choses : lâcher prise… et renoncer à mon niveau d’exigence.
Comme si ne pas réagir revenait à accepter.
Comme si ne pas répondre signifiait donner raison.
Capituler.
À la moindre contradiction, contrariété, injustice, bêtise… nous devrions capituler devant « le Mal ».
Peut-être que lâcher prise ne consiste pas à moins voir.
Peut-être que cela consiste simplement à comprendre que tout ce que l’on voit ne mérite pas notre énergie.
Toute notre énergie.
Celle que nous dépensons inutilement en conflits, souvent stériles.
Et cette nuance change beaucoup de choses.
Il faut que je switche.
Je peux tout à fait considérer qu’une situation est absurde… sans vouloir absolument la réparer.
Je peux aussi penser que quelqu’un se comporte comme un con… sans ressentir l’obligation de le lui démontrer.
Je peux identifier une injustice… sans forcément enfiler immédiatement mon armure.
Je peux même avoir raison… et décider de ne rien faire.
Ça, en revanche, c’est beaucoup plus difficile.
… ne rien faire.
Parce que lorsque l’exigence vous caractérise, vous finissez facilement par l’être avec le monde entier.
Et le monde entier, soyons clairs, s’en fout complètement de notre niveau d’exigence.
Il continuera à produire des incohérences, des absurdités, des comportements incompréhensibles, des gens de mauvaise foi et quelques magnifiques spécimens capables de transformer une journée parfaitement tranquille en expérience sociologique, voire… dramatique.
Alors, comment préserver sa paix intérieure ?
En fait… qu’est-ce qui mérite réellement que je m’use ainsi ?
Tout ne le mérite pas.
Tout ne mérite pas une réponse.
Tout ne mérite pas une explication.
Quant à la « loi du Silence », celle de la porte fermée, je connais… mais quand j’en viens à devoir l’appliquer, c’est que je suis déjà passé par plusieurs étapes personnelles, sans autre issue.
Ne faudrait-il pas simplement entrer dans une phase de sélection ?
Avec l’image de cette porte, justement.
Pas celle du Silence.
La porte du Sanctuaire.
Finalement, le développement personnel passe peut-être effectivement par une petite dose d’égoïsme.
Pas l’égoïsme qui consiste à se foutre des autres en bloc… ou à s’isoler plus qu’il ne faut.
Celui qui consiste à choisir ses combats.
À accepter qu’il existe des gens, des situations et des problèmes que l’on pourrait parfaitement analyser, commenter, démonter pièce par pièce…
… mais auxquels on choisit finalement de ne rien donner.
Ni réponse.
Ni colère.
Ni énergie.
Ce n’est pas de l’indifférence.
Quoique…
Ce n’est peut-être même pas vraiment du lâcher-prise.
C’est simplement apprendre à choisir ce qui mérite encore de nous atteindre.
Et pour quelqu’un d’exigeant…
Croyez-moi.
Il y a du boulot.
Plume Noire – cherchant désespérément les clés de la tranquillité… à tout le moins, celles de l’apaisement.

Autruche zébrée de sexe masculin. Né un dimanche de Pâques, avec le retour des cloches et des questions en trop. Entre rayures et contradictions, j’observe le quotidien. Souvent à contre-courant, parfois amusé, parfois agacé, j’ai une curiosité tenace et l’esprit divergent. J’aime mettre des mots sur ce que je vois, ce que je ressens et ce que je ne comprends pas toujours… sans prétendre détenir la vérité, sans pour autant renoncer à dire la mienne.