Je suis récemment tombé sur cette image qui oppose deux citations. Vue sur Facebook, via mon fil d’actualité et le fil partagé de mes amis.
Elon Musk :
« La faiblesse fondamentale de la civilisation occidentale, c’est l’empathie. »
Hannah Arendt :
« La mort de l’empathie humaine est l’un des signes les plus précoces et les plus révélateurs d’une culture sur le point de sombrer dans la barbarie. »
J’imagine que le montage est censé mettre en évidence une contradiction.
Personnellement, je n’en vois aucune.
Une société sans empathie serait probablement effrayante. Comprendre la souffrance de l’autre, aider, protéger, tendre la main… c’est « normalement » l’un des principes de notre humanité.
Mais l’empathie peut-elle devenir une faiblesse ?
Oui, je le pense.
Nous le savons parfaitement, par nos propres expériences, dans chacune de nos vies.
À force de comprendre, d’excuser, de pardonner et de donner une nouvelle chance, on peut finir par permettre à quelqu’un d’abuser précisément de notre bienveillance.
L’abus de bonté d’autrui est-il susceptible d’être puni aujourd’hui ?
Je ne parle pas de l’abus de faiblesse !
Alors, pourquoi ce qui est vrai pour un individu deviendrait-il faux pour une société ?
On peut très bien ressentir, aider, accepter, voire accueillir, sans devoir supporter n’importe quoi.
Si je devais le formuler en questions, je dirais par exemple :
. Peut-on tout comprendre sans devoir tout excuser ?
. Peut-on aider sans renoncer à poser des limites, quoi qu’il arrive ?
Je pense qu’on peut ne pas tout excuser, poser des limites, avoir des frontières, sans nécessairement perdre son humanité.
C’est d’ailleurs ce que Musk expliquait réellement dans l’entretien dont cette phrase est extraite.
Et là, mes recherches semblent confirmer mes premières pensées.
Il ne condamnait pas l’empathie, mais ce qu’il appelle son instrumentalisation, lorsqu’elle finit par être utilisée contre celui qui l’éprouve.
Quant à la phrase attribuée à Hannah Arendt, on a un petit problème : là aussi, malgré mes recherches et sa diffusion massive, son origine dans l’œuvre d’Arendt semble… introuvable.
Quoi qu’il en soit, peu importe finalement, car l’idée reste intéressante.
Une civilisation sans empathie peut sombrer dans la barbarie.
Là… je pense qu’on est tous d’accord.
Une civilisation incapable de mettre des limites à son empathie peut sombrer dans la naïveté.
Là aussi… je pense qu’on est sûrement encore tous d’accord.
Entre les deux, il existe quelque chose que nous semblons parfois oublier : le discernement.
Parce qu’on peut avoir du cœur… sans nécessairement devoir perdre la tête.
Sans nécessairement succomber à cette emprise de la bienveillance, à cet endoctrinement de la bien-pensance.
Plume Noire – de retour de vacances.
