1 août 2026

EuroConfiant… puis EuroDéfiant

Tête d’autruche

Tout est parti de cette publication croisée sur Facebook.

Giorgia Meloni. La crise migratoire de Ceuta. Et cette question :

« Crise migratoire à Ceuta : peut-on exclure l’Espagne de l’espace Schengen, comme le veut Giorgia Meloni ? »

J’ai réagi à chaud, écrivant ceci :


Qu’elle en ait le droit ou pas, qu’elle puisse le faire ou pas, qu’on nous sorte les textes européens ou les contraintes logistiques… franchement, on s’en fout… non ?

Le vrai sujet est ailleurs.

À un moment, il faut savoir dire STOP.

STOP au laxisme.
STOP à cette mondialisation qui efface peu à peu les souverainetés.
STOP à une idéologie qui, au nom du progrès ou du wokisme, finit par considérer que les frontières, les identités et le bon sens sont devenus secondaires.
STOP, tout simplement.

Au fond, ce qui compte aujourd’hui, c’est peut-être moins la mesure prise par l’Italie que le symbole qu’elle représente.

Et pourtant, l’Italie n’a aucune frontière directe avec l’Espagne… alors que la France, si.

Bref… nous continuons à défendre une vision d’une Europe souveraine… même lorsqu’elle ne l’est plus vraiment.

L’Espagne qui ouvre ses frontières,
Ou presque.

L’Italie qui ferme les siennes,
Ou presque.

La tête de l’Autruche. 🙄

Cela me sidère.

Je vais finir par passer d’EuroConfiant à EuroDéfiant… tout ça à cause d’une marionnette.

« En même temps »… Le Maroc revendique Ceuta depuis des décennies.

Alors je m’interroge.

Si les tensions migratoires fragilisent la position de l’Espagne, si elles alimentent le débat européen et mettent Madrid sous pression, certains n’y trouvent-ils pas aussi un intérêt stratégique ?

… quand le « en même temps » finit par te faire un véritable « pied de nez ».

🙄💁🏻‍♂️


Le lendemain, quand je pose plus profondément la réflexion, il reste finalement une question beaucoup plus intéressante.

Pourquoi cette histoire de Ceuta me dérange-t-elle autant ?

Je crois que la réponse dépasse largement Ceuta.

Et même l’immigration.

Ce n’est peut-être pas Ceuta, le vrai sujet !

À force de vouloir tout expliquer, j’ai parfois l’impression que l’on finit par ne plus rien regarder.

On peut évidemment discuter du droit européen.

Des accords de Schengen.

De ce que l’Italie peut réellement décider.

De ce que l’Espagne aurait dû faire.

De ce que Bruxelles autorise ou interdit.

Tout cela est important.

Mais derrière ces discussions juridico-politiques se cache une question beaucoup plus simple :

À quel moment une nation a-t-elle encore le droit de dire STOP ?

STOP lorsque ses citoyens ont le sentiment que les règles ne sont plus appliquées.

STOP lorsque les frontières deviennent davantage un concept administratif qu’une réalité.

STOP lorsque le bon sens semble devoir s’effacer devant des principes qui, aussi nobles soient-ils à l’origine, finissent parfois par produire l’effet inverse de celui recherché.

Je ne parle donc pas ici uniquement d’immigration.

Je parle de souveraineté.

Et ce mot semble être devenu presque suspect.

Comme si défendre l’idée qu’un État puisse encore décider pour lui-même revenait nécessairement à être contre l’Europe.

J’ai longtemps été profondément Euroconfiant.

Je fais partie de cette génération qui a grandi avec l’idée que l’Europe était une promesse.

Une promesse de paix, de coopération, de prospérité, de liberté de circulation.

Et je continue à croire que cette ambition avait du sens.

Je n’ai aucune envie de voir disparaître l’Europe.

Mais une promesse ne peut survivre que si elle reste connectée au réel.

Lorsque les citoyens ont le sentiment que leurs inquiétudes sont systématiquement balayées au nom de principes devenus intouchables, quelque chose finit par se fissurer.

Et c’est peut-être exactement ce qui est en train de m’arriver.

Et le Maroc dans tout ça ?

Ceuta n’est pas seulement une frontière extérieure de l’Europe.

C’est aussi un territoire espagnol situé sur le continent africain et revendiqué depuis longtemps par le Maroc.

Alors forcément…

Je m’interroge.

Cette interrogation n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle : en 2021, le Parlement européen avait explicitement rejeté « l’utilisation par le Maroc des contrôles aux frontières et de la migration […] comme moyen de pression politique » sur l’Espagne.

Et si, derrière cette crise migratoire, se jouait aussi une partie géopolitique beaucoup plus vaste ?

Si ces tensions fragilisent l’Espagne, alimentent les divisions européennes et mettent Madrid sous pression, peut-on réellement exclure que certains y trouvent un intérêt stratégique ?

Je n’affirme rien, je pose la question.

Peut-être que je me trompe, mais elle mérite d’être posée.

EuroDéfiant ?

Ceuta n’est peut-être finalement qu’un épisode.

L’Italie n’est peut-être qu’un symbole.

Mais les symboles comptent.

Et je crois qu’il arrive un moment où les peuples n’attendent plus seulement des explications.

Ils attendent une direction.

Là encore… peut-être ai-je tort.

Peut-être que l’Histoire démontrera que cette vision est une impasse.

Je n’en sais rien.

Mais je sais une chose.

Je sens naître en moi un doute que je n’avais jamais vraiment connu.

Moi qui me définissais volontiers comme EuroConfiant…

Je me découvre progressivement EuroDéfiant.

Et ce constat me dérange probablement davantage que les décisions politiques elles-mêmes.

Parce qu’au fond, ce qui m’inquiète le plus n’est pas que l’Europe change.

C’est qu’elle semble parfois ne plus entendre ceux qu’elle prétend représenter.

Plume Noire Un soir d’actualité houleuse. Soucieux pour l’avenir. Le nôtre et surtout celui de nos enfants.

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